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Lettre d'information N°2  

Novembre 2012

Une date interpelle et mobilise les Soroptimist ce mois-ci : le 25 novembre, Journée Internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. Des chiffres terrible, alarmants : en France, une femme sur 10 est victime de violences conjugales. Tous les 3 jours en moyenne, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex conjoint. Et, victimes trop souvent oubliées, combien d’enfants qui souffrent de ces violences et garderont des blessures à vie ?

La lutte contre les violences faites aux femmes et les actions de prévention de ce fléau sont un engagement historique du Soroptimist international à travers le monde et de l’Union française dans notre pays. Il s’agit là d’une cause qui s’inscrit dans la mission même du Soroptimist, club service et ONG dont le but est d’améliorer la vie des femmes et des enfants.

La chape de plomb, le silence qui entoure le plus souvent, dans les familles comme dans les médias, la situation des femmes victimes de violence dans notre pays, contribue à diffuser l’illusion collective que nous serions épargnés. Il n’en est malheureusement rien. La violence conjugale se rencontre dans toutes les classes sociales mais touche plus durement encore les femmes les plus fragiles, jeunes ou en situation de précarité économique. Ces violences (menaces, chantage, séquestration, rapports sexuels non consentis, coups et blessures, tentatives de meurtre) concerneraient une population de 2 millions de femmes, selon un rapport d’information au Sénat déposé en juin 2010.

Récemment, le 25 octobre 2012, l’INSEE a publié une étude confirmant l’ampleur et la nature des violences faites aux femmes dans notre société. Le 23 octobre 2012 une autre étude menée par l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) analyse ces violences infligées aux femmes par leur compagnon ou leur ex compagnon.

D’autres statistiques moins élaborées, sur les mutilations, les mariages forcés, la traite des femmes, laissent également transparaître la réalité de ces drames et de ces pratiques au sein de certaines communautés.

En dépit des actions mises en œuvre dans la lutte et la prévention avec l’encouragement au dépôt de plainte, la prise en charge et la protection des femmes victimes, la mise en place du numéro d’appel 3919, la situation évolue peu ou insuffisamment.

C’est pourquoi plus que jamais, l’Union Française du Soroptimist est mobilisée pour sensibiliser l’opinion publique, les médias et les pouvoirs publics sur la nécessité d’améliorer les politiques de prévention et la mise en œuvre de la politique pénale dans ce domaine, la nécessité de libérer la parole des victimes , de mettre un terme au silence et aux tabous, de prendre en considération les répercussions que les violences conjugales entraînent chez les enfants qui y sont exposés. Une prise en charge adaptée est indispensable pour ces enfants gravement traumatisés.

La lutte contre la violence faite aux femmes ne suppose aucun relâchement, aucun répit. L’union Française du Soroptimist en fait un fer de lance de son action dans les mois à venir !