© Soroptimist International Union Française
 
Lettre d'information N°12  

novembre 2013

Il y a un an la Présidente de l’U-F, Christine Dagain, faisait publier, dans le Sorop Français[1] consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes, le texte, en forme de cri, d’une femme, digne, qui écrivait : « Femme battue je fus, femme battante je suis aujourd’hui pour toutes les femmes qui le furent et le seront hélas.. » Janique Cagin.

 

Ce témoignage bouleverse par la transcription pudique, de l’enfermement progressif dans la solitude d’une femme à qui il ne reste plus, pour parler et pleurer, que son bourreau. Malgré le regard détourné des autres, elle doit trouver une force viscérale au fond de ses peurs et de sa misère pour ne pas être misérable. Agir pour que ses enfants soient fiers d’elle, libérer la parole et reprendre sa place en rendant à chacun ce qui lui est du.

 Seule une main tendue peut tenter d’enrayer ce cercle infernal, seule une main tendue peut déclencher le reliquat d’espoir qui est peut-être encore au tréfonds de soi, seule une main tendue peut aider à relever la tête et à faire changer le regard des autres et le regard porté sur soi. Des associations de terrain s’y emploient avec détermination et peu de moyens le plus souvent, les clubs du Soroptimist leur apportent aide et soutien.

 Le Soroptimist International souhaite améliorer la vie et le statut des femmes et des filles en favorisant leur éducation, mais aussi  leur autonomisation et le développement de leurs capacités personnelles ; pour cela l’un des objectifs  est de contribuer à éradiquer la violence envers les femmes.

Au travers de leurs actions, les clubs mènent des projets variés.

Renforcer les lieux d’accueil

- Par le financement d’’équipements pour couvrir des besoins spécifiques (Chamalières, Chambéry Aix les bains, Digne les Bains,) voir en milieu hospitalier pour les enfants (Narbonne)                                                                                                   

– Par l’écoute et le suivi des femmes qui s’y adressent en proposant, entre autres, des consultations juridiques gratuites (Agen).

–Par des aides personnalisées : financières (La grande Motte), de revalorisation d’image de soi, de réinsertion sociale et professionnelle (Chalons su Saône).

Soutenir l’encadrement

- Financer les écoutantes de femmes en violences (Aix en Provence) ; financer une éducatrice pour les enfants recueillis avec leur mère dans un centre d’accueil (Metz).

– Développer la médiation familiale pour permettre la conciliation dans les couples en crise et renforcer la protection des femmes en souffrance ( Chamalières).

- Eduquer en lycée sur le respect filles/garçons par le biais de travaux d’écritures et de scénettes (Niort

Le Soroptimist International, par des plaidoyers, se veut aussi être  une voix universelle, un avocat des femmes à tous niveaux.

Faire Savoir

- Prendre conscience de l’ampleur de la réalité en faisant intervenir des spécialistes lors de conférences : «Oser en parler  mettre des mots sur des maux » (Angoulême,Chamalières).                                                                                                                                                                  – Informer les femmes et faire connaître les moyens de lutter contre (Vichy, Marie Galante, Paris Fondateur).

Organiser des manifestations publiques le 25 novembre

– Conférences ouvertes pour mieux comprendre le processus de domination (Fontainebleau, Hyères). 

- Sensibilisation de la société par une marche aux flambeaux contre les violences domestiques (Saint Denis de la Réunion).

Faire du lobbying

- Mise en relation d’un centre d’accueil de femmes avec une grande entreprise mécène pour permettre l’acquisition  d’un véhicule utilitaire afin de faciliter les déplacements des femmes jetées à  la rue (Lyon Tête d’Or).

 

La lutte contre les violences faites aux femmes n’est plus considérée comme un épiphénomène, les responsables ne sont plus protégés par le silence de leurs victimes[2]. La justice se saisit de plus en plus des débordements de « l’amour vache »[3] .

Ces femmes qui ont le courage de sortir du silence, de dénoncer un pan de leur intimité, de porter plainte, méritent notre respect ; le Soroptimist international par ses actions tente de contribuer à cela.



[1] N°231 Halte aux violences faites aux femmes

[2] Dominique Copola-Lacombe, Commissaire de police, Soroptimist club de Hyères les Palmiers, dans Sorop français N°231

[3] Christiane Charbonnel-Lac, avocate, Soroptimist club de Tarbes dans Sorop français N°227