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8 mars 2017 Journée internationale des femmes, Les Soroptimist se mobilisent  

La Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. 

A l’heure où les droits humains sont remis en cause dans plusieurs pays du monde, nous nous devons d’être vigilantes pour garantir les droits fondamentaux des femmes et affirmer notre volonté à faire vivre le lien social, humaniser l’économie et revivifier notre démocratie. 

En France, au cours des cinquante dernières années, les femmes ont revendiqué et acquis des droits : s’inscrire à l’université, ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari, porter des pantalons sans être dans l’illégalité, sans parler du droit de vote ou de disposer de son corps pour une interruption volontaire de grossesse… 

Mais comment ne pas rappeler certains de ces droits tellement il paraît aujourd’hui invraisemblable d’en avoir été privées : Droit de vote et d’éligibilité pour les femmes (1944) – Droit des femmes à exercer une profession sans l’autorisation de leur mari (1965) – Autorisation de la contraception (1967) - Loi Veil pour l’Interruption Volontaire de Grossesse IVG (1975) - Loi Roudy posant le principe de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (1983) - Promulgation de la première loi sur la parité politique (2000) - Loi renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple (2006) - Loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes (2014)…. 

Si certaines inégalités se réduisent, la Journée du 8 mars est l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, mais aussi de faire entendre la voix des femmes pour améliorer leur situation, dans une société qui véhicule et pérennise des stéréotypes néfastes pour leur développement personnel. 

De tels mécanismes se retrouvent : 

  • dans le domaine de l’éducation

En France, les filles représentent 57 % des étudiants à l’université en 2015-2016 contre 43 % en 1960-1961. La situation s’est donc nettement améliorée ces cinquante dernières années pour elles. Mais les écarts persistent dans le choix des filières. Les filles représentent 75 % des étudiants en lettres et sciences humaines, mais seulement 25 % dans le domaine des sciences fondamentales qui mènent aux carrières les plus prestigieuses et les plus rémunératrices. Déjà au lycée, les filles sont moins nombreuses en série scientifique au moment du bac. Les modes de vie, l’éducation ou encore le fonctionnement du système éducatif expliquent ces choix d’orientation différenciés. 

  • dans le monde du travail

Les divisions verticales et horizontales entre les métiers dits de femmes et ceux dits des hommes, les murs et les plafonds de verre entre les postes et les responsabilités, ont la vie dure car les femmes sont encore aujourd’hui moins bien payées que les hommes, et plus souvent en temps partiel subi.

Tous temps de travail confondus, des inégalités de salaire persistent : les femmes touchent au total un salaire 25,7 % moins élevé que celui des hommes, et plus on s’élève dans la hiérarchie des salaires, plus les écarts sont grands. Les femmes demeurent à l’écart des postes à responsabilités les mieux rémunérés, et elles sont plus souvent employées dans des secteurs où les salaires sont bas tels que les services, le commerce ou l’aide à la personne par exemple.

Largement défavorisées sur le marché du travail, les femmes occupent aujourd’hui 82% des emplois de mauvaise qualité à temps partiel, souvent subi, avec de moindres responsabilités.

D’autre part, du fait qu’elles aient moins souvent occupé une activité professionnelle rémunérée, elles perçoivent des pensions de retraite en moyenne très inférieures à celles des hommes, et près de deux fois plus de femmes que d’hommes vivent dans une grande précarité après 75 ans. 

  • à la maison

Que les femmes aient ou non un emploi, elles sont toujours les « championnes » du temps consacré au travail domestique, comparé aux hommes. 

  • dans l’espace politique

La loi de juin 2000 sur la parité a contribué à une meilleure représentation féminine dans les exécutifs nationaux et locaux. Mais seulement 26,9 % de femmes siègent aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Au rythme actuel de progression en nombre de sièges obtenus par les femmes, la parité devrait être atteinte… dans 25 ans. Au niveau local, seules trois femmes sont à la tête d’une des treize régions, alors qu’elles représentent près de la moitié des conseillers de ces instances. 16 % des maires sont des femmes alors que 40,3 % des conseillers municipaux le sont. 

Dans le monde de la citoyenneté, de  l’espace public ou médiatique, on fait souvent le même constat : inégale valeur de la parole, inégale valeur de l’expertise, inégal partage, inégale présence, inégale légitimité… 

En conclusion, nous devons encore défendre l’égalité Femmes-Hommes, et agir pour diffuser une véritable culture de l’égalité au sein des structures et de la société, en valorisant le plus souvent possible les femmes dans leur engagement et en démontrant l’enrichissement de la complémentarité.